Cycle 4 du MISO ERAS : le gaz naturel reprend la voie rapide, la part du stockage batterie chute à 6 %
Cycle 4 du MISO ERAS : le gaz naturel reprend la voie rapide, la part du stockage batterie chute à 6 %
L’Expedited Resource Addition Study (ERAS) de MISO est une procédure accélérée de raccordement. Elle permet d’obtenir un accord d’interconnexion de générateur en quelques mois, au lieu des années habituelles dans la file d’attente standard. Le 27 mai, MISO a annoncé la quatrième vague du programme : sept projets totalisant 3,7 GW.
Le gaz naturel représente 83 % de cette capacité, en hausse par rapport à 73 % lors du Cycle 3, soit la plus forte part de gaz de tous les cycles ERAS. Le stockage d’énergie par batterie, qui représentait un quart du Cycle 3, tombe à 6 %, et le solaire fait son retour pour la première fois depuis le Cycle 2. 6,6 GW de candidatures antérieures ont été retirées, y compris la seule proposition nucléaire du programme.
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Points clés à retenir
- Le gaz naturel représente 83 % de la capacité du Cycle 4, contre 73 % au Cycle 3. La part du stockage batterie passe de 27 % à 6 %.
- Huit projets, totalisant 6,6 GW, se sont retirés d’ERAS, dont la seule candidature nucléaire du programme (675 MW) et plusieurs projets solaires de NextEra.
- Il y a désormais 47 projets dans ERAS, totalisant 28 GW, laissant 21 places disponibles avant la date limite d’août 2027.
Comment le Cycle 4 du MISO ERAS se compare-t-il aux cycles précédents ?
Le Cycle 4 confirme qu’ERAS est avant tout un accélérateur pour le gaz naturel. Sur les quatre cycles, la part du gaz naturel n’est jamais descendue sous 70 % des capacités sélectionnées, et le Cycle 4 la fait repasser au-dessus de 80 %.
Le stockage d’énergie par batterie évolue en sens inverse. Après un pic à 27 % lors du Cycle 3, le BESS ne représente plus qu’un seul projet de 230 MW au Cycle 4, soit 6 %. L’essor du stockage lors du Cycle 3 apparaît désormais comme une vague ponctuelle d’achats plutôt qu’un changement structurel.
Cependant, le Cycle 3 avait suscité une vague d’achats de batteries par les services publics, menée par NIPSCO et Xcel.
Le Cycle 4 est principalement composé de centrales à gaz à cycle combiné et de turbines à combustion pour alimenter les centres de données et la charge industrielle, avec en tête le projet d’Entergy à Richland Parish pour le centre de données de Meta. Le moteur de la demande reste le même qu’au Cycle 3, mais satisfait par une ressource différente.
Le solaire revient en tant que petite part de la capacité totale acceptée. Blue Jacket et Pumpkin Patch ajoutent 400 MW de solaire dans l’Illinois, les premiers projets solaires dans ERAS depuis le Cycle 2. L’éolien reste absent, comme depuis le Cycle 2.
Qui construit dans le Cycle 4 du MISO ERAS ?
Le plus grand projet du Cycle 4 est celui d’Entergy Louisiana à Richland Parish 3 & 4, avec 1 531 MW de gaz naturel. Il se situe dans le même comté que Franklin Farms, projet du Cycle 1 d’Entergy.
NIPSCO revient avec la centrale à cycle combiné de Malden (859 MW) dans l’Indiana, après ses dossiers Schahfer et Mitchell du Cycle 3. Hallador Power Company fait son entrée avec la centrale Merom de 530 MW en Indiana. Alliant Energy a vu un autre projet sélectionné, sa centrale Neenah de 150 MW dans le Wisconsin.
Les deux projets solaires sont portés par des développeurs privés plutôt que détenus par des services publics, mais ont été qualifiés grâce à un contrat d’achat et à l’approbation réglementaire. NextEra fournit le seul projet de stockage du cycle, le projet Tradewater de 230 MW au Kentucky.
Géographiquement, le Cycle 4 reprend la tendance du programme : le gaz est ancré en Louisiane et dans l’Indiana, avec des projets plus petits répartis dans le Midwest supérieur.
Quels projets ont été retirés de la file ERAS ?
6,6 GW de candidatures ERAS, répartis sur huit projets, ont été retirés du programme.
Le gaz représente 5 GW des retraits, dont plusieurs unités d’Entergy Louisiana. Alliant Energy a retiré une centrale à gaz dans le comté de Linn, Iowa, puis l’a re-déposée en tant que nouvelle candidature. Parmi les retraits figurait la seule proposition nucléaire du programme, un dossier NextEra de 675 MW dans l’Iowa. NextEra a également retiré des projets solaires dans l’Indiana.
À quel point MISO ERAS est-il proche de sa limite de 68 projets ?
ERAS est limité à 68 projets et prend fin le 31 août 2027. MISO indique que 47 projets ont été acceptés, représentant près de 28 GW. Parmi eux, 25 projets (environ 11 GW) ont atteint un accord d’interconnexion finalisé, et 15 autres (environ 8 GW) sont proches de l’achèvement.
21 places restent disponibles pour de futurs projets ERAS. MISO a également atteint la limite des projets portés par des entités de service de charge, avec une liste d’attente de quatre candidatures supplémentaires. Si le programme se termine sans renouvellement, les projets restants et ceux en attente retourneront dans le Definitive Planning Process, où les délais d’étude dépassent souvent trois ans.
Quelles implications le Cycle 4 a-t-il pour les développeurs ?
Les facteurs de demande n’ont pas changé. Les charges liées aux centres de données et à l’industrie continuent de tirer le mix énergétique de MISO vers des capacités pilotables et garanties.
Pour les développeurs, la fenêtre se referme. Il ne reste qu’environ deux cycles de capacité dans ERAS, la limite pour les entités de service de charge est atteinte, et MISO n’a pas indiqué de prolongation. Les développeurs indépendants restent exclus à cause des exigences de contrat d’achat et de contrôle du site.
Lorsque ERAS prendra fin, chaque nouveau projet reviendra dans un processus de planification définitif que le programme visait justement à éviter. Les cinq prochaines années de déploiement de MISO dépendront moins de la rapidité d’exécution que des services publics ayant sécurisé une place accélérée avant la fermeture du guichet.





